Fraude au Deepfake et faux conseiller bancaire : la banque doit-elle vous rembourser en 2026 ?

deepfake homme

En 2026, la fraude bancaire a changé de visage.

Ce n’est plus seulement un SMS suspect ou un email maladroit.
C’est la voix de votre conseiller bancaire au téléphone.
C’est son visage en visioconférence.
C’est son numéro exact qui s’affiche sur votre écran.

Les technologies d’intelligence artificielle générative, de clonage vocal et de deepfake (usurpation d’identité) permettent aujourd’hui d’imiter parfaitement une identité.

Des victimes valident des virements sous pression… convaincues de parler à leur banque.

Selon l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement, les fraudes aux moyens de paiement ont représenté près de 618 millions d’euros au premier semestre 2025, en hausse de 7% par rapport à l’année 2024, avec une progression marquée des fraudes par manipulation et appels frauduleux.

Face à ces nouvelles escroqueries, une question centrale se pose :

La banque doit-elle rembourser la victime lorsque la fraude repose sur un deepfake ?

Le cabinet de Me Alice Flore Cointet, régulièrement saisi de dossiers de fraude bancaire sophistiquée, analyse ici les enjeux juridiques en 2026.

 

Comment fonctionnent les arnaques nouvelle génération ?

En 2026, les escroqueries bancaires ne reposent plus seulement sur des emails mal rédigés ou des SMS suspects. 

Elles combinent désormais intelligence artificielle, manipulation psychologique et usurpation technique pour créer un scénario d’une crédibilité redoutable.

 

Arnaque #1 : Le clonage vocal

Le fraudeur commence souvent par collecter quelques secondes de voix de la victime ou d’un conseiller bancaire :  vidéo publiée sur les réseaux sociaux, message vocal laissé sur un répondeur, intervention professionnelle en ligne…

Grâce à des outils d’intelligence artificielle accessibles au grand public, il est aujourd’hui possible de reproduire une voix avec un réalisme troublant : intonation, rythme, respiration, expressions familières.

Exemple d’approche :

« Bonjour Monsieur, je suis votre conseiller, nous avons détecté une tentative de piratage. »

La voix est parfaitement identique à celle connue. Le doute disparaît immédiatement. La confiance est installée. 

 

Arnaque #2 : Le deepfake en visioconférence

Certaines fraudes vont encore plus loin. 

La victime reçoit un lien pour une visioconférence “sécurisée”. 

À l’écran apparaît le visage de son conseiller bancaire.

En réalité, il s’agit d’une vidéo dite “deepfake” :

  • le visage est généré artificiellement,
  • les mouvements labiaux sont synchronisés,
  • le décor ressemble à celui d’une agence bancaire,
  • un logo apparaît en arrière-plan.

La mise en scène est crédible. 

Le fraudeur adopte un ton professionnel, évoque des termes techniques, cite des opérations récentes visibles sur le compte.

Dans un contexte d’urgence — “il faut agir maintenant pour éviter une perte définitive” — la victime valide l’opération via son application bancaire.

 

Arnaque #3 : Le spoofing téléphonique

Le troisième pilier de ces fraudes repose sur le spoofing, c’est-à-dire l’usurpation du numéro d’appel.

Lorsque le téléphone sonne, le numéro affiché est celui de l’agence réelle, parfois même celui figurant au dos de la carte bancaire.

Pour la victime, tout concorde :

  • le numéro est authentique,
  • la voix est crédible,
  • le discours est cohérent,
  • l’urgence semble réelle.

Le scénario est souvent le même :

« Votre compte est en cours de piratage. »
« Nous devons sécuriser les fonds immédiatement. »
« Validez l’opération pour bloquer la fraude. »

Sous pression, dans un climat d’angoisse soigneusement entretenu, la victime agit rapidement — précisément ce que recherchent les fraudeurs.

 

Cas pratique

Par un arrêt du 22 mai 2025, la Cour d’appel de Paris a confirmé, à la suite du travail de défense mené par Me Alice Flore Cointet, la condamnation de la BANQUE POPULAIRE à rembourser 4 012,72 € à une cliente victime d’une fraude par spoofing, outre 4 000 € au titre de l’article 700 et les dépens.

La Cour a retenu qu’en présence d’un appel provenant du numéro réel de l’agence bancaire, aucune négligence grave ne pouvait être reprochée à la cliente.

 

Le cadre juridique actuel : la banque peut-elle refuser de rembourser ?

Dans le cas de toutes ces arnaques nouvelle génération, le droit du Code monétaire et financier reste applicable :

En conséquence de quoi, la banque ne peut refuser de rembourser que si elle prouve :

✔ un manquement intentionnel
✔ ou une négligence grave

Et la charge de la preuve lui appartient.

 

Le deepfake change-t-il l’analyse de la négligence grave ?

C’est ici que le débat juridique devient majeur.

La jurisprudence récente (Cour de cassation 2023–2025) tend déjà à protéger les victimes de faux conseillers.

Les juges prennent en compte :

  • la pression psychologique
  • la sophistication de l’escroquerie
  • la crédibilité du scénario
  • l’usurpation du numéro bancaire

Or en 2026 :

  • Une imitation vocale parfaite rend la fraude encore plus crédible
  • Un deepfake vidéo renforce l’apparence d’authenticité

Peut-on encore parler de négligence grave lorsque :

  • la voix est identique ?
  • le numéro est exact ?
  • le visage est celui du conseiller ?

C’est tout l’enjeu de ce phénomène. 

 

Le devoir de vigilance du banquier à l’ère de l’IA exige davantage d’efforts

Le banquier est tenu d’un devoir de vigilance et de surveillance des opérations anormales.

Cela peut impliquer :

  • détection comportementale avancée
  • blocage renforcé des virements inhabituels
  • alertes supplémentaires
  • authentification renforcée
  • surveillance des appels suspects

Plus la fraude devient sophistiquée, plus l’exigence de vigilance augmente. C’est donc aux banques de s’adapter à l’évolution des menaces avant le consommateur. 

 

Ce que cela signifie concrètement pour les victimes

Si vous avez été victime :

  • d’un faux conseiller en visio
  • d’une imitation vocale
  • d’un appel provenant du numéro exact de votre agence
  • d’un scénario extrêmement crédible

Cela ne signifie pas que vous avez commis une négligence grave.

 

Chaque dossier doit être analysé précisément :

  • Qui a initié l’ordre ?
  • La banque a-t-elle détecté l’anomalie ?
  • Les virements étaient-ils inhabituels ?
  • Les systèmes de sécurité étaient-ils suffisants ?

 

Le cabinet de Maître  Alice Flore COINTET intervient régulièrement :

  • en contestation de refus de remboursement
  • en responsabilité bancaire
  • devant les tribunaux judiciaires et commerciaux de toute la France, y compris les DROM-COM  (Outre-Mer) 
  • en appel devant toutes les Cours d’appel

En 2026, la question du deepfake devient un nouveau terrain contentieux. 

L’évolution technologique ne doit pas devenir un prétexte pour faire supporter le risque au client.

Pour suivre les évolutions jurisprudentielles en matière de fraude bancaire et de responsabilité des établissements de crédit, consultez régulièrement le blog du cabinet.

 

Si vous êtes confronté à un refus de remboursement après une fraude par faux conseiller ou deepfake, une analyse juridique rapide est essentielle 

📞 01.83.64.69.78

📩 info@cointet-avocat-paris.fr

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